Je suis né en 1945 à la Croix-Rousse. Mon père, originaire de Lirac dans le Gard, est le premier Queyranne à quitter sa région. Il devient gardien de la paix à Lyon tandis que ma mère, une jurassienne, est gérante d’une épicerie grande rue des Charpennes… Mon enfance ? Je la passe en grande partie dans le quartier du Tonkin à Villeurbanne. Je me rappelle du foot dans les terrains vagues de la Doua avec les copains, du basket aussi à la toute nouvelle salle des sports de Villeurbanne. Je me souviens aussi de ces week-ends chez mes grands-parents maternels à Varambon dans l’Ain et de ces belles routes de campagne où je me suis pris de passion pour le vélo.... Au-delà de ce sport de prédilection, deux domaines m'intéressent particulièrement dans cette période si stimulante des années 60 : la politique et la culture, surtout le cinéma et le théâtre. Après un bac scientifique au Lycée Jean Moulin à Lyon, je me dirige tout naturellement vers des études de Droit et de Sciences Politiques. Pour financer mes études, je suis pion le soir et animateur de colonies de vacances pendant les vacances, ce qui me donnera l’occasion de parcourir une bonne partie de la région Rhône-Alpes ! Je termine ma licence en Droit en 1968, puis j'obtiens un diplôme d'études supérieures de Droit Public et une licence de lettres spécialisée dans l'histoire de l'art. En 1975, je décroche un Doctorat d'Etat en Sciences Politiques avec une thèse sur les Maisons de la Culture. C'est ainsi que je deviens Maître de Conférence, après avoir été assistant à l'Université Lumière-Lyon 2, en donnant des cours notamment à l'Institut d'Etudes Politiques de Lyon. La politique, toujours la politique...
J'ai tout juste 20 ans lorsque j'adhère à la Convention des Institutions Républicaines. Nous sommes en 1965 et c'est la première campagne présidentielle de François Mitterrand. Mai 68 arrive à grands pas et mon engagement s'affirme : je milite alors à l'UNEF qui est encore minoritaire en fac de droit et je participe aux événements... Disons-le, j'adhère à la dimension de libération du mouvement, mais je ne me reconnais pas dans la dialectique idéologique des groupuscules d'extrême-gauche. Et c’est tout logiquement qu’en 1971, je prends part au Congrès d’Epinay, pour la fondation du Parti Socialiste.
Le tournant de ma carrière politique se situe au mois de mars 1977 : c'est là que je participe à la conquête de la Mairie de Villeurbanne avec Charles Hernu. Je resterai alors son premier adjoint chargé des finances pendant plus de 10 ans. Nous sommes alors à une période pleine d'espoirs, de renouveau de génération... Le 10 mai 1981, François Mitterrand est élu président et je vais très vite jouer un rôle au niveau national. Mais tout en restant farouchement installé localement et présent sur le terrain. La preuve : député en 1981, je serai réélu ensuite, sauf en 1993, où la Gauche subit une écrasante défaite. Parallèlement, je deviens Maire de Bron dès 1989. J’occupe également des fonctions au Grand Lyon, d’abord avec Raymond Barre. Puis lorsque Gérard Collomb accède en 2001 à la Mairie de Lyon, je suis nommé premier vice-président chargé de la stratégie d'agglomération.
1997 est une date très importante pour moi. C'est le moment où Lionel Jospin m'appelle pour participer au gouvernement. Nous nous connaissons depuis longtemps… Nous avons été notamment très proches, lorsqu’il m’a appelé au Secrétariat à la Culture du Parti Socialiste, puis nommé porte-parole à ses côtés en 1986, fonction occupée pendant 7 ans, travaillant également avec Pierre Mauroy et Laurent Fabius. Cette nouvelle nomination, en 1997, a deux conséquences : je laisse ma place de député à Jacky Darne puis celle de Maire de Bron à Annie Guilllemot. Elle deviendra ainsi en 1999 la première femme Maire en Rhône-Alpes d'une ville de plus de 30 000 habitants.
Me voici donc au Gouvernement. Dans un premier temps, je suis nommé Secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-Mer. Des voyages, mais surtout des responsabilités : nous sommes en pleine négociation pour les accords de Nouméa, la loi d'orientation pour les DOM et le nouveau statut pour Mayotte...
En 1998, je remplace Jean-Pierre Chevènement, hospitalisé. Je deviens ainsi Ministre de l'Intérieur pendant 4 mois, une expérience courte (heureusement pour Jean-Pierre) mais très enrichissante. Enfin, en 2000, je suis nommé Ministre des relations avec le Parlement, un poste-clé en cette fin de cohabitation. Et ensuite? Tout le monde se rappelle du traumatisme du 21 avril 2002... Mais qui prendra un sens particulier deux ans plus tard. Le 2 Avril 2004 renverse la donne dans les Régions en France. Avec la liste « Rhône-Alpes pour tous avec la Gauche et les Verts », je suis élu Président de la Région Rhône-Alpes.
Dans la foulée de ce mandat, je deviens en 2007 coordinateur du « Grenelle de l’Environnement », sujet qui me tient très à cœur, pour l’association des Régions de France.
Depuis 4 ans, je mets toute mon énergie à faire avancer avec vous tous cette région Rhône-Alpes que j’aime tant. Et quand j’en ai le temps, je fais toujours du vélo, au Parc de Parilly ou dans la Dombes. J’essaie aussi de continuer à vivre mes passions pour les voyages, le cinéma, le théâtre, la lecture, l’art, le jazz… Il y a tant de belles choses à partager.


1 commentaires:
Un bien beau parcours dans lequel j découvre le nom de votre lycée et je m'étonne qu'en tant qu'ancien élève vous ne vous soyez pas exprimé sur le projet de fermeture du lycée Jean Moulin par le recteur de l'académie de Lyon.
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