vendredi 19 mars 2010

Le nouveau printemps de la gauche




Extraits de mon intervention au meeting de la Gauche sociale, écologique et républicaine. Jeudi 18 mars. Villeurbanne.


Merci à mes partenaires, Philippe Meirieu et Elisa Martin, qui m'ont précédé à cette tribune et dont les paroles témoignent bien de l'esprit qui nous anime tous. Dès le lendemain du premier tour, nous avons su réunir les engagements, les énergies, les convictions, qui posent les fondations de notre partenariat.

Chaque heure compte. Votre mobilisation et votre enthousiasme seront d'autant plus déterminants que certains de nos concitoyens ne se décident qu'au dernier moment. D'autres considèrent que les jeux sont faits ou ne croient plus en la politique : il faut leur dire que leur voix dans l'urne est plus forte que leur silence. Nous devons aller chercher la victoire. Nous devons aller chercher le nouveau printemps de la gauche.

J'affirme trois volontés : volonté de rassembler, volonté de combattre la crise, volonté de faire de Rhône-Alpes une Région utile pour chacun.

Je suis heureux que nous puissions nous projeter dans une majorité arc-en-ciel, solidaire de ses ambitions, et dont les différences d'approche enrichissent le propos commun.

Depuis dimanche soir, nous avons beaucoup discuté entre partenaires. Nous ne sommes pas d'accord sur tout. Mais ce qui nous réunit est aujourd'hui plus fort que ce qui nous sépare. Nous avons travaillé dans la recherche permanente du dialogue et dans le respect des aspirations de chacun.

Je sais qu'il est quelquefois plus simple de céder aux voix de la discorde. Mais, je sais aussi que nous pouvons mettre en œuvre un projet audacieux si, en toutes circonstances, nous savons faire le choix de l'intelligence et si nous savons ensemble privilégier l'intérêt général, c'est-à-dire l'intérêt, non pas de nos partis, mais des Rhônalpins.

C'est dans la clarté que germent les bons accords. Le nôtre, et je m'y engage, se fera sans hégémonie des uns ni surenchère des autres.

Ce rassemblement, nous le devons aussi à nos concitoyens, quelle que soit leur couleur politique. Car face à un gouvernement qui divise les Français, nous devions montrer que d'autres chemins sont possibles.

La campagne régionale a débuté en plein débat sur l'identité nationale qui, pour les observateurs internationaux est considéré comme le débat de l'indignité française. Dans les urnes, nous avons mesuré les ravages qu'il a fait. La peur sécrétée, le racisme libéré ont fait progresser le Front national et l'abstention. Dans ce contexte honteux et grave, je suis fier du rassemblement que nous venons de construire. Il porte les valeurs d'égalité, de liberté et de fraternité. Il porte les valeurs de la République.

J'ai la volonté, nous avons la volonté, de combattre la crise qui frappe nos concitoyens et qui augmente les inégalités. Ils sont confrontés à des situations d'une grande violence sociale. Chaque fois qu'une entreprise industrielle ferme, ce sont des territoires qui souffrent, ce sont des salariés qui se retrouvent sur le carreau, c'est de la détresse dans la vie des familles. Chaque fois qu'une PME ou une TPE se retrouve face à un banquier qui lui refuse une avance de trésorerie, c'est l'amorce d'une fracture dans une ville ou dans des villages. Chaque fois qu'un agriculteur voit arriver la fin du mois avec angoisse, il nous apporte la dernière preuve que notre société s'est trompée et qu'elle va mal. Chaque fois qu'un jeune interrompt sa formation parce qu'il n'a plus confiance en l'avenir et qu'il se demande à quoi lui servira son diplôme, c'est de l'échec pour demain. Chaque fois que le gouvernement menace de fermer un service public de proximité, comme un hôpital, c'est tout simplement de la crise qu'il ajoute à la crise et c'est intolérable.

Le modèle des Trente glorieuses, sur lequel notre société est conçue aujourd'hui encore, nécessite d'agir en profondeur et de le faire le plus vite possible. C'est le contenu même de notre contrat pour les Rhônalpins. Nous serons les artisans de ce monde plus juste que demandent nos concitoyens.

Nous avons fait de l'emploi notre priorité absolue : nous lutterons contre le chômage, nous soutiendrons les activités, nous créerons des emplois nouveaux dans les filières nouvelles. Nous dénoncerons les conditions de travail dégradantes, cette chaîne de petits boulots indécents qui se développent sur le terreau des crises.

Nous mettrons en œuvre la formation tout au long de la vie car se former au fur et à mesure de l'existence, ce n'est pas seulement acquérir des connaissances nouvelles, c'est recevoir de l'espoir, c'est dessiner sa place dans la société, c'est compter avec son métier.


Nous soutiendrons les jeunes, bien au-delà de la formation. Ils sont aujourd'hui les plus précaires d'entre nous, souvent déçus par un monde qui les laisse aller tout seul sur leur chemin. Pour nous, une société qui ne protège pas sa jeunesse, c'est une société qui se renie.

Nous ferons aussi de Rhône-Alpes une Ecorégion, exemplaire en France et en Europe. Je défends une vision sociale de l'écologie. L'écologie à laquelle je crois apporte du mieux-vivre à tous, particulièrement à ceux qui ont moins. Elle est une écologie positive, une écologie d'adhésion, une écologie de responsabilité.


J'ai la volonté, nous avons l'ambition ,de faire de Rhône-Alpes une Région dynamique en faisant éclore les projets, une Région utile qui répond aux préoccupations de chacun comme des plus en difficulté, une Région proche de ses citoyens et à leur service.

Le président de la République et son gouvernement veulent liquider les Régions avec la contre-réforme des collectivités territoriales. Si elle est votée par le Parlement, elle nous entraînera dans une régression démocratique sans précédent. Cette recentralisation à marche forcée ne sera qu’une arnaque à la démocratie.

Cette réforme réduira les compétences des Régions, supprimera leur fiscalité, supprimera des services aux citoyens, changera le mode de scrutin et fera disparaître des élus locaux. Moins d'élus locaux, c'est moins de représentation et donc moins de démocratie.

Quant à la parité, instaurée par le gouvernement de gauche plurielle de Lionel Jospin, elle sera purement et simplement remise en cause. Cette entorse faite au droit des femmes est une gifle à la démocratie. Cette réforme scélérate des collectivités va à contre-courant de l'histoire des grands pays européens. Eux renforcent le pouvoir de leurs Régions quand nous, en France, nous observons les champs de l'action régionale se réduire comme une peau de chagrin.

Nos concitoyens doivent comprendre que ce qui se prépare agira demain contre eux. En votant massivement pour nous dimanche, ils nous donneront les moyens de mettre en œuvre nos propositions, mais aussi de nous opposer à une loi qui se révèlera comme un tissu d'injustices.

Dès lundi, dès après que les urnes auront parlé, nous devrons construire le discours de fronde des Régions, nous devrons faire céder le gouvernement.

Pour nous, ces élections régionales nous donnent l'occasion de dire NON à la droite, NON à la France qui recule, OUI aux Régions qui avancent, Oui aux Régions qui protègent, OUI aux Régions qui rassurent.


Dimanche soir, nous devons réaliser le meilleur des scores, nous situer au-delà des 50 %. L'addition mécanique des voix obtenues au premier tour par nos formations politiques est encourageante. Nous pouvons légitimement penser que nous allons gagner. Mais la violence des crises, les défis que nous avons à relever, l'arrogance de la droite nécessitent que nous gagnions bien, que nous gagnions fort.

J'en appelle à tous les Républicains et à tous les Démocrates : nous devons barrer la route de l'extrême droite dont la poussée, au regard notamment de l'épisode de 1998, est effrayante.

J'en appelle à tous les Rhônalpins qui refusent la politique gouvernementale, les réformes injustes, les salaires mirobolants pour ceux qui ont déjà beaucoup, les économies réalisées sur la misère c'est-à-dire sur le dos des chômeurs en fin de droit. Dimanche, nous avons le pouvoir de sanction. Plus notre message sera clair, moins le président de la République pourra nous ignorer, plus il sera contraint de nous voir et de nous écouter.

J'en appelle à tous ceux qui ont le cœur à gauche ou qui se reconnaissent dans nos idées et dans notre dynamique : faites-vous entendre, donnez-nous les moyens d'agir, portez avec nous le changement de société.

Dimanche, installons le nouveau printemps de la gauche. C'est comme cela que, tous ensemble, nous ferons le choix de Rhône-Alpes. C'est comme cela que, tous ensemble, nous ferons le choix d'une Région pour tous.

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