lundi 28 novembre 2011

L’Europe peut-elle s’appuyer sur les Régions ?


Comment guérir l’Europe d’une crise qui menace non seulement d’emporter sa monnaie mais d’effacer des années de construction commune ? Le débat est relancé sur le degré de fédéralisme à insuffler dans un édifice fragilisé. Plus d’Europe alors que les intérêts nationaux reprennent le dessus : le paradoxe est évident ! D’ailleurs, Monsieur SARKOZY ne cache pas sa préférence pour une union politique resserrée, pilotée par les Chefs d’Etat et de Gouvernement.
 
Les sommets européens se succèdent avec leurs conclusions de demi-mesures concoctées par le « directoire franco-allemand » mais vite rattrapées par la voracité des marchés. Pendant qu’ils se déroulent derrière les portes closes, les peuples attendent, se lamentent et se désespèrent, avant peut-être de se révolter. Une Europe « post-démocratique » pour reprendre l’expression de Jurgen Häbermas, se dessine sous nos yeux. Le projet européen s’épuise, ballotté entre technocratie et populisme.

 Redonner un sens au rêve européen ne peut se concevoir sans rendre l’Europe plus proche des citoyens. C’est le dessein même des Régions engagées dans des coopérations qui s’ancrent dans le concret.

Cette année, je préside l’association des « Quatre Moteurs pour l’Europe » qui regroupe les régions européennes  « non-capitales » les plus dynamiques (Bade-Wurtemberg, Catalogne, Lombardie, Rhône-Alpes). Notre objectif est de susciter et d’accompagner des partenariats scientifiques, économiques, culturels et environnementaux. En peu de mots : construire l’Europe du réel, celle qui pourra le mieux résister à la crise.
 
Alors que la finance mène le monde, les Régions représentent autant de pouvoirs publics stratégiques pour répondre à la bonne échelle aux défis de notre temps : maintenir la capacité d’innovation, engager la transition énergétique, favoriser les échanges entre jeunes et forces vives et surtout recréer des espaces de débat public et de solidarité.

Ce retour des citoyens dans une Europe qui a trop oublié la démocratie, passe, je le crois, pour une bonne part par les Régions. Elles sont les gardiennes de l’idéal européen. Plus que jamais l’Europe doit s’appuyer sur ses Régions.

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