Voici le discours que j'ai prononcé lors de la cérémonie des voeux le vendredi 6 janvier dernier à l'Hôtel de Région.
Mesdames et messieurs,
Pour la première fois, je vous présente mes voeux dans notre Hôtel de Région, conçu par Christian de Portzamparc, au cœur du quartier emblématique et d'avenir de la Confluence.
Nous y sommes installés depuis six mois. Certains d'entre vous le découvrent ce soir. Je vous invite à en saisir les ambiances et les volumes. Visible de loin, ce bâtiment que l’on compare à un grand vaisseau, a rendu la Région plus accessible et plus proche. C'est ce que j’ai souhaité.
Des citoyens y entrent, pour interroger sur un service comme ils le feraient dans une mairie. Des associations et des institutions les plus diverses nous sollicitent pour tenir leurs manifestations : c’est ainsi que nous avons accueilli les congrès nationaux d’Handicap International, des MJC, des radio associatives, comme la soirée du Barreau de LYON avec sa nouvelle promotion d’avocats.
Les rhônalpins viennent aussi pour visiter les expositions du Plateau, comme celle-ci réalisée avec le collectif Space Junk dans le cadre de la biennale d’art contemporain. Ces Enfants terribles de l'art ont reçu plus de 25 000 visiteurs. Ce qui surprend dans leur travail, c'est leur capacité à unir des inspirations a priori contradictoires : insolence et académisme, imaginaire et réalité. Les univers dans lesquels ils nous emmènent sont autant de témoignages personnels pour dire leur liberté et leur espoir en des chemins nouveaux.
2012 s’ouvre sur une toile de fond très sombre. Plus que jamais, le mot crise est dans tous les propos. Il est vrai qu’il nous accompagne depuis des décennies. Et il doit s’écrire au pluriel tant il recouvre des réalités multiples. Le doute, le pessimisme des Français résonnent en écho aux menaces qui s’accumulent.
Chacun de nous, à son niveau de responsabilité, en mesure les effets. Chacun de nous, sait que nous traversons un moment grave pour notre pays et pour l’Europe.
Faut-il pour autant nous résigner ? Je ne le crois pas. Nous devons chercher des chemins d’espoirs, des raisons de croire en l’avenir.
2012 sera une année de choix décisifs pour notre pays avec les élections présidentielles et législatives du printemps. Des choix qu’il appartient à chacun de nous de faire. Au cœur de cette période, où tous les repères sont bouleversés, où toutes les valeurs sont mises à mal, je veux vous formuler deux espoirs.
Mon premier espoir va bien sûr à notre Région, et d’une façon plus générale à l’ensemble des Régions.
Elles ont la taille et la force pour opérer le grand bond qu'exige notre société. Elles ont l'énergie et la volonté, relevant mieux que les Etats les défis de notre temps. Les actions, les expérimentations qui s’y pratiquent sont comme les particules élémentaires d’une société nouvelle.
Aussi, quand en Rhône-Alpes, nous soutenons l'innovation becs et ongles, nous aidons l'économie et l'emploi à résister. Car quelle détresse de voir les difficultés de GPV en Ardèche, de Vériplast dans la Loire, de Lejaby dans le Rhône ou de Photowatt en Isère, dont les salariés pourtant relèvent les manches pour sauver leurs emplois ! Mais aussi quel bonheur, sur cette terre d'invention qu'est Rhône-Alpes, lorsque des entreprises relocalisent comme Rossignol en Haute-Savoie, lorsqu'elles inventent et se développent comme Seb dans le Rhône, Pomagalski en Isère, CATM Production en Savoie ou les agriculteurs de la Drôme qui choisissent le bio ! Quel bonheur encore lorsqu'elles tentent le tout pour le tout grâce à une nouvelle organisation sociale, comme chez Bosch à Vénissieux, où la coopération entre les syndicats et la direction a permis à l'entreprise de remonter la pente alors que tout semblait perdu !
Notre pays a vu 900 de ses entreprises industrielles fermer en 10 ans. Les créations sont loin de compenser ces pertes. Nous refusons ce déclin de notre industrie.Nous ne voulons pas « une France sans usines» au moment où la montée du chômage impose une grande bataille pour l’emploi.
Dans le même esprit, quand nous menons notre bataille du rail, c'est-à-dire quand nous développons le réseau de TER, quand nous expérimentons avant l'heure le cadencement, comme nous l'avons fait il y a quatre ans, nous prenons certes quelques risques, mais nous nous saisissons aussi d'une chance historique de faire évoluer les déplacements et de préserver notre environnement.
C'est pareil avec la santé. Courant décembre, le président de la République s'est rendu aux Vans en Ardèche dans une maison de santé dont nous avons contribué à la création pour remédier à la désertification médicale, j'espère qu'il s'est réjoui que nous n'ayons pas cédé à la fatalité en favorisant dans notre Région la constitution de vingt-trois maisons du même type comme l’installation de jeunes médecins.
En juin 2012, le sommet de la terre à Rio fera le bilan, 20 ans après le premier appel qui a généré une prise de conscience des menaces pesant sur notre environnement. Depuis, de sommets en conférences, de bien timides mesures ont été avancées, tant il est difficile de concilier les égoïsmes des Etats. Mais nous savons que beaucoup dépend de ce que nous entreprenons, au niveau local et régional. « 50 à 80 % estime même l’agence de l’ONU pour le climat ».
Si notre Région, en 2011, a été classée première, pour ses actions en faveur des énergies renouvelables, si nous avons accueilli la première conférence des Régions européennes sur le climat, nous ne devons pas pour autant relâcher nos efforts. C’est l’ambition de notre futur Schéma Régional Climat Air Energie, que nous avons élaboré avec les services de l’Etat, et qui fait actuellement l’objet d’une concertation à laquelle vous êtes appelés à donner votre avis, avant son adoption définitive.
Au moment où les pays de la zone euro craignent pour leur triple A, nous nous sommes vus confirmer le nôtre à la veille de l’adoption de notre budget pour 2012. J’y vois la preuve du bon équilibre entre nos aspirations politiques et la nécessaire maîtrise de nos dépenses.
Nous avons fait le choix de maintenir nos investissements au moment où les économistes nous alertent sur les conséquences du rétrécissement des dépenses publiques. Nous avons aussi fait le choix de la stabilité des tarifs et de la fiscalité alors que le 1er janvier a amené son cortège de hausses qui pèseront sur le pouvoir d’achat.
Rhône-Alpes se doit d’être une région qui va de l'avant, notamment dans sa dimension citoyenne. Les Rhônalpins y sont associés en permanence, pour évaluer les politiques que nous mettons en œuvre et pour les nourrir. C'est en cette démocratie de la participation que je crois et qui fait terriblement défaut à l’Europe.
Mon second espoir va à l'Europe, non pas à une Europe esclave des marchés, mais à une Europe de la dignité.
Au cours des derniers mois, sommet après sommet, elle est apparue comme un grand corps malade, chaque fois plus affaiblie dans les valeurs qui ont accompagné sa création, oscillant entre les symptômes aussi effrayants que la technocratie et le populisme.
Oui, il manque aujourd’hui une vision pour l’Europe. Elle a permis la plus longue période de paix et de prospérité que notre continent ait connu. Son futur est dans les mains de ses démocraties et du peuple européen. Je partage l’espoir qu’exprimait récemment l’écrivain Rhônalpin Eric Emmanuel Schmidt « je souhaite que l’Europe redevienne un projet de vie et non pas une association de plombiers réparateurs, un espace de culture et de civilisation pour ne pas uniquement demeurer un espace économique ».
La refondation du rêve européen passe par des projets qui nous élèvent, qui ne retirent pas aux uns pour donner aux autres. Ils se construisent sur des partenariats scientifiques, économiques, écologiques ou culturels qui ne se font pas au détriment du social. Ils s'inventent avec les jeunes à qui nous permettons d'étudier dans d'autres pays d'Europe. Cette approche, que nous développons en Rhône-Alpes, je la porte aussi au sein de l'association des Quatre moteurs, que je préside cette année et qui réunit le Bade-Wurtemberg, la Lombardie, la Catalogne et Rhône-Alpes, quatre Régions européennes considérées comme les plus dynamiques.
C'est en cette Europe du réel que je veux croire en ce début 2012.
A ces deux grands espoirs, j'ajouterai deux vœux.
Un vœu pour que progresse l'égalité entre les femmes et les hommes. La première Quinzaine que nous avons organisée à l'automne 2011 a remporté un succès que nous n'attendions pas dans son intensité. Elle sera renouvelée en 2012.
Notre société est bloquée. Aujourd'hui, être une femme, en France, c'est gagner 25% de moins en moyenne qu'un homme à qualification égale et emploi égal. Pour une femme sur six, c'est courir le risque d'être victime d'une agression sexuelle dans sa vie.
Comme souvent dans notre pays, des lois existent qu'il suffirait d'appliquer. Mais les mentalités résistent. C'est donc à chacun qu'il appartient de faire évoluer les modèles là où il se trouve. Pour ma part, je suis fier que nous ayons réalisé la parité dans l'exécutif de notre assemblée et que ce soit une femme qui en occupe la Première vice-présidence. Je suis fier de renoncer cette année à mon mandat de député pour qu’une femme se présente à ma place. Si demain les citoyens lui permettent d'entrer à l'Assemblée nationale, ce que je souhaite, ils feront plus que désigner une parlementaire, ils feront progresser l'égalité dans notre pays.
Transposé à l’échelle du monde, ce combat pour l’égalité est aussi fondamental que celui de la déclaration universelle des Droits de l’Homme. Nous le voyons bien dans les pays arabes, où les femmes ont pris une part décisive pour faire tomber les dictatures. Elles se battent pour préserver et faire avancer leurs droits face aux obscurantismes. C’est aussi à elles que nous pensons ce soir.
Mon second vœu concerne les jeunes. Nous savons combien il leur est difficile de trouver une place dans notre Société. Pour beaucoup d’entre eux leur première expérience professionnelle s’appelle précarité.
A travers les responsabilités qui nous incombent, nous avons fait de la jeunesse notre priorité pour 2012 : les dotations de la carte M’RA pour l’achat des livres ont été augmentées, les tarifs des TER ont été réduits. L’alternance sera renforcée avec l’apprentissage ainsi que l’accueil des jeunes en service civique. Les bourses d’études à l’Etranger progresseront et le Pass’contraception est maintenant accessible aux jeunes filles comme aux jeunes garçons... Toutes ces mesures visent à faciliter l’autonomie des jeunes et leur passage à la vie active.
Notre effort est important, mais nous savons qu’il ne suffit pas. Il faudrait un mouvement de fond, un Grenelle de la jeunesse, comme il a été fait pour l'environnement, dont les Régions pourraient se faire les premiers relais, les premiers acteurs. C'est de l'espérance qu'il faut donner de toute urgence à des jeunes qui doutent de la valeur des diplômes, mais aussi de la nécessité de la protection sociale ou du sens de l'Europe, des jeunes qui ont le sentiment d'être les oubliés de notre société. Ce sera, je l'espère, un axe fort des futurs rendez-vous électoraux.
Comme l'égalité entre les femmes et les hommes, le dialogue entre les générations doit être au centre de notre contrat social pour emprunter l'expression de Jean-Jacques Rousseau, dont nous célèbrerons le tricentenaire de la naissance tout au long de l'année 2012 à partir du 20 janvier lors d'un événement d'ouverture à Chambéry.
Mesdames et messieurs, acceptez mes vœux personnels et chaleureux de bonne année. Au cours des prochains mois, nous aurons c'est certain l'occasion de nous rencontrer et d'échanger sur vos projets qui viennent se conjuguer aux nôtres et qui donnent à Rhône-Alpes sa vitalité. Se rendre à la Région est désormais un exercice facile avec le tramway qui s'arrête devant nos portes! Je vous encourage à y venir. L'Hôtel de Région vous est ouvert, à vous, à vos familles, aux délégations que vous recevez. Nous accueillerons deux beaux rendez-vous artistiques, avec deux grands artistes rhônalpins. Le 1er mars, puis tout au cours du printemps, avec l’œuvre de Jacques Truphémus, le peintre de l'intériorité et l'intime, puis à l’automne avec les images de Raymond Depardon, le photographe de la France sans fard. La philosophie avec Rousseau, la peinture avec Truphémus, la photographie avec Depardon… ce sont d'autres facettes de Rhône-Alpes l'ingénieuse. Ici l'invention devient exploration de la pensée et des sensibles, ce que notre époque réclame de ses cris.
Très bonne année à toutes et à tous.
Mesdames et messieurs,
Pour la première fois, je vous présente mes voeux dans notre Hôtel de Région, conçu par Christian de Portzamparc, au cœur du quartier emblématique et d'avenir de la Confluence.
Nous y sommes installés depuis six mois. Certains d'entre vous le découvrent ce soir. Je vous invite à en saisir les ambiances et les volumes. Visible de loin, ce bâtiment que l’on compare à un grand vaisseau, a rendu la Région plus accessible et plus proche. C'est ce que j’ai souhaité.
Des citoyens y entrent, pour interroger sur un service comme ils le feraient dans une mairie. Des associations et des institutions les plus diverses nous sollicitent pour tenir leurs manifestations : c’est ainsi que nous avons accueilli les congrès nationaux d’Handicap International, des MJC, des radio associatives, comme la soirée du Barreau de LYON avec sa nouvelle promotion d’avocats.
Les rhônalpins viennent aussi pour visiter les expositions du Plateau, comme celle-ci réalisée avec le collectif Space Junk dans le cadre de la biennale d’art contemporain. Ces Enfants terribles de l'art ont reçu plus de 25 000 visiteurs. Ce qui surprend dans leur travail, c'est leur capacité à unir des inspirations a priori contradictoires : insolence et académisme, imaginaire et réalité. Les univers dans lesquels ils nous emmènent sont autant de témoignages personnels pour dire leur liberté et leur espoir en des chemins nouveaux.
2012 s’ouvre sur une toile de fond très sombre. Plus que jamais, le mot crise est dans tous les propos. Il est vrai qu’il nous accompagne depuis des décennies. Et il doit s’écrire au pluriel tant il recouvre des réalités multiples. Le doute, le pessimisme des Français résonnent en écho aux menaces qui s’accumulent.
Chacun de nous, à son niveau de responsabilité, en mesure les effets. Chacun de nous, sait que nous traversons un moment grave pour notre pays et pour l’Europe.
Faut-il pour autant nous résigner ? Je ne le crois pas. Nous devons chercher des chemins d’espoirs, des raisons de croire en l’avenir.
2012 sera une année de choix décisifs pour notre pays avec les élections présidentielles et législatives du printemps. Des choix qu’il appartient à chacun de nous de faire. Au cœur de cette période, où tous les repères sont bouleversés, où toutes les valeurs sont mises à mal, je veux vous formuler deux espoirs.
Mon premier espoir va bien sûr à notre Région, et d’une façon plus générale à l’ensemble des Régions.Elles ont la taille et la force pour opérer le grand bond qu'exige notre société. Elles ont l'énergie et la volonté, relevant mieux que les Etats les défis de notre temps. Les actions, les expérimentations qui s’y pratiquent sont comme les particules élémentaires d’une société nouvelle.
Aussi, quand en Rhône-Alpes, nous soutenons l'innovation becs et ongles, nous aidons l'économie et l'emploi à résister. Car quelle détresse de voir les difficultés de GPV en Ardèche, de Vériplast dans la Loire, de Lejaby dans le Rhône ou de Photowatt en Isère, dont les salariés pourtant relèvent les manches pour sauver leurs emplois ! Mais aussi quel bonheur, sur cette terre d'invention qu'est Rhône-Alpes, lorsque des entreprises relocalisent comme Rossignol en Haute-Savoie, lorsqu'elles inventent et se développent comme Seb dans le Rhône, Pomagalski en Isère, CATM Production en Savoie ou les agriculteurs de la Drôme qui choisissent le bio ! Quel bonheur encore lorsqu'elles tentent le tout pour le tout grâce à une nouvelle organisation sociale, comme chez Bosch à Vénissieux, où la coopération entre les syndicats et la direction a permis à l'entreprise de remonter la pente alors que tout semblait perdu !
Notre pays a vu 900 de ses entreprises industrielles fermer en 10 ans. Les créations sont loin de compenser ces pertes. Nous refusons ce déclin de notre industrie.Nous ne voulons pas « une France sans usines» au moment où la montée du chômage impose une grande bataille pour l’emploi.
Dans le même esprit, quand nous menons notre bataille du rail, c'est-à-dire quand nous développons le réseau de TER, quand nous expérimentons avant l'heure le cadencement, comme nous l'avons fait il y a quatre ans, nous prenons certes quelques risques, mais nous nous saisissons aussi d'une chance historique de faire évoluer les déplacements et de préserver notre environnement.
C'est pareil avec la santé. Courant décembre, le président de la République s'est rendu aux Vans en Ardèche dans une maison de santé dont nous avons contribué à la création pour remédier à la désertification médicale, j'espère qu'il s'est réjoui que nous n'ayons pas cédé à la fatalité en favorisant dans notre Région la constitution de vingt-trois maisons du même type comme l’installation de jeunes médecins.
En juin 2012, le sommet de la terre à Rio fera le bilan, 20 ans après le premier appel qui a généré une prise de conscience des menaces pesant sur notre environnement. Depuis, de sommets en conférences, de bien timides mesures ont été avancées, tant il est difficile de concilier les égoïsmes des Etats. Mais nous savons que beaucoup dépend de ce que nous entreprenons, au niveau local et régional. « 50 à 80 % estime même l’agence de l’ONU pour le climat ».
Si notre Région, en 2011, a été classée première, pour ses actions en faveur des énergies renouvelables, si nous avons accueilli la première conférence des Régions européennes sur le climat, nous ne devons pas pour autant relâcher nos efforts. C’est l’ambition de notre futur Schéma Régional Climat Air Energie, que nous avons élaboré avec les services de l’Etat, et qui fait actuellement l’objet d’une concertation à laquelle vous êtes appelés à donner votre avis, avant son adoption définitive.
Au moment où les pays de la zone euro craignent pour leur triple A, nous nous sommes vus confirmer le nôtre à la veille de l’adoption de notre budget pour 2012. J’y vois la preuve du bon équilibre entre nos aspirations politiques et la nécessaire maîtrise de nos dépenses.
Nous avons fait le choix de maintenir nos investissements au moment où les économistes nous alertent sur les conséquences du rétrécissement des dépenses publiques. Nous avons aussi fait le choix de la stabilité des tarifs et de la fiscalité alors que le 1er janvier a amené son cortège de hausses qui pèseront sur le pouvoir d’achat.
Rhône-Alpes se doit d’être une région qui va de l'avant, notamment dans sa dimension citoyenne. Les Rhônalpins y sont associés en permanence, pour évaluer les politiques que nous mettons en œuvre et pour les nourrir. C'est en cette démocratie de la participation que je crois et qui fait terriblement défaut à l’Europe.
Mon second espoir va à l'Europe, non pas à une Europe esclave des marchés, mais à une Europe de la dignité.
Au cours des derniers mois, sommet après sommet, elle est apparue comme un grand corps malade, chaque fois plus affaiblie dans les valeurs qui ont accompagné sa création, oscillant entre les symptômes aussi effrayants que la technocratie et le populisme.
Oui, il manque aujourd’hui une vision pour l’Europe. Elle a permis la plus longue période de paix et de prospérité que notre continent ait connu. Son futur est dans les mains de ses démocraties et du peuple européen. Je partage l’espoir qu’exprimait récemment l’écrivain Rhônalpin Eric Emmanuel Schmidt « je souhaite que l’Europe redevienne un projet de vie et non pas une association de plombiers réparateurs, un espace de culture et de civilisation pour ne pas uniquement demeurer un espace économique ».
La refondation du rêve européen passe par des projets qui nous élèvent, qui ne retirent pas aux uns pour donner aux autres. Ils se construisent sur des partenariats scientifiques, économiques, écologiques ou culturels qui ne se font pas au détriment du social. Ils s'inventent avec les jeunes à qui nous permettons d'étudier dans d'autres pays d'Europe. Cette approche, que nous développons en Rhône-Alpes, je la porte aussi au sein de l'association des Quatre moteurs, que je préside cette année et qui réunit le Bade-Wurtemberg, la Lombardie, la Catalogne et Rhône-Alpes, quatre Régions européennes considérées comme les plus dynamiques.
C'est en cette Europe du réel que je veux croire en ce début 2012.
A ces deux grands espoirs, j'ajouterai deux vœux.
Un vœu pour que progresse l'égalité entre les femmes et les hommes. La première Quinzaine que nous avons organisée à l'automne 2011 a remporté un succès que nous n'attendions pas dans son intensité. Elle sera renouvelée en 2012.
Notre société est bloquée. Aujourd'hui, être une femme, en France, c'est gagner 25% de moins en moyenne qu'un homme à qualification égale et emploi égal. Pour une femme sur six, c'est courir le risque d'être victime d'une agression sexuelle dans sa vie.
Comme souvent dans notre pays, des lois existent qu'il suffirait d'appliquer. Mais les mentalités résistent. C'est donc à chacun qu'il appartient de faire évoluer les modèles là où il se trouve. Pour ma part, je suis fier que nous ayons réalisé la parité dans l'exécutif de notre assemblée et que ce soit une femme qui en occupe la Première vice-présidence. Je suis fier de renoncer cette année à mon mandat de député pour qu’une femme se présente à ma place. Si demain les citoyens lui permettent d'entrer à l'Assemblée nationale, ce que je souhaite, ils feront plus que désigner une parlementaire, ils feront progresser l'égalité dans notre pays.
Transposé à l’échelle du monde, ce combat pour l’égalité est aussi fondamental que celui de la déclaration universelle des Droits de l’Homme. Nous le voyons bien dans les pays arabes, où les femmes ont pris une part décisive pour faire tomber les dictatures. Elles se battent pour préserver et faire avancer leurs droits face aux obscurantismes. C’est aussi à elles que nous pensons ce soir.
Mon second vœu concerne les jeunes. Nous savons combien il leur est difficile de trouver une place dans notre Société. Pour beaucoup d’entre eux leur première expérience professionnelle s’appelle précarité.A travers les responsabilités qui nous incombent, nous avons fait de la jeunesse notre priorité pour 2012 : les dotations de la carte M’RA pour l’achat des livres ont été augmentées, les tarifs des TER ont été réduits. L’alternance sera renforcée avec l’apprentissage ainsi que l’accueil des jeunes en service civique. Les bourses d’études à l’Etranger progresseront et le Pass’contraception est maintenant accessible aux jeunes filles comme aux jeunes garçons... Toutes ces mesures visent à faciliter l’autonomie des jeunes et leur passage à la vie active.
Notre effort est important, mais nous savons qu’il ne suffit pas. Il faudrait un mouvement de fond, un Grenelle de la jeunesse, comme il a été fait pour l'environnement, dont les Régions pourraient se faire les premiers relais, les premiers acteurs. C'est de l'espérance qu'il faut donner de toute urgence à des jeunes qui doutent de la valeur des diplômes, mais aussi de la nécessité de la protection sociale ou du sens de l'Europe, des jeunes qui ont le sentiment d'être les oubliés de notre société. Ce sera, je l'espère, un axe fort des futurs rendez-vous électoraux.
Comme l'égalité entre les femmes et les hommes, le dialogue entre les générations doit être au centre de notre contrat social pour emprunter l'expression de Jean-Jacques Rousseau, dont nous célèbrerons le tricentenaire de la naissance tout au long de l'année 2012 à partir du 20 janvier lors d'un événement d'ouverture à Chambéry.
Mesdames et messieurs, acceptez mes vœux personnels et chaleureux de bonne année. Au cours des prochains mois, nous aurons c'est certain l'occasion de nous rencontrer et d'échanger sur vos projets qui viennent se conjuguer aux nôtres et qui donnent à Rhône-Alpes sa vitalité. Se rendre à la Région est désormais un exercice facile avec le tramway qui s'arrête devant nos portes! Je vous encourage à y venir. L'Hôtel de Région vous est ouvert, à vous, à vos familles, aux délégations que vous recevez. Nous accueillerons deux beaux rendez-vous artistiques, avec deux grands artistes rhônalpins. Le 1er mars, puis tout au cours du printemps, avec l’œuvre de Jacques Truphémus, le peintre de l'intériorité et l'intime, puis à l’automne avec les images de Raymond Depardon, le photographe de la France sans fard. La philosophie avec Rousseau, la peinture avec Truphémus, la photographie avec Depardon… ce sont d'autres facettes de Rhône-Alpes l'ingénieuse. Ici l'invention devient exploration de la pensée et des sensibles, ce que notre époque réclame de ses cris.
Très bonne année à toutes et à tous.




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