jeudi 16 février 2012

Pour un Franco Valdo Genevois véritable bassin de vie et d’emploi transfrontalier

J'ai pris connaissance avec stupéfaction des propos tenus par M. Bernard Gruson, directeur général des Hôpitaux universitaires de Genève visant à désigner prioritairement des résidents genevois comme responsables d'unités de soins de son établissement.

 Ces propos sont discriminatoires à l'égard des frontaliers qui représentent 40% du personnel des Hôpitaux universitaires de Genève et qui seraient ainsi écartés de certains emplois de responsabilité. D’une manière générale, ils vont à l'encontre de l'esprit même qui préside la construction de l’agglomération franco-valdo-genevoise : celle-ci doit être considérée comme un bassin de vie et d'emploi transfrontalier. La contribution des frontaliers à l'économie genevoise est fondamentale. Chercher à la marginaliser ne peut que conduire à des tensions.

 Les écoles françaises participent pour une très large part à la formation de personnels de soins qui contribuent au rayonnement et la qualité des établissements hospitaliers genevois. Ils permettent de répondre aux besoins de l’agglomération franco-valdo-genevoise en matière de soins.
 
Je suis convaincu que ces propos, qui n'engagent que leur auteur, ne remettront pas en cause la grande qualité du dialogue entre la Région Rhône-Alpes et les autorités genevoises.

 Bien au contraire, je considère que de telles déclarations rendent encore plus impérieuse la nécessité de dépasser les égoïsmes et répondre ensemble aux besoins en formation des personnels du sanitaire et social des deux côtés de la frontière.

mercredi 15 février 2012

Election présidentielle : deux figures, deux styles

En décembre dernier, à l'Hôtel de Région
La campagne présidentielle s’accélère en Rhône-Alpes : retour sur une journée où il m’a été donné de rencontrer le Président sortant et le candidat Hollande.

Le Président sortant, dont la candidature n’a jamais fait mystère, a annoncé hier à Bourgoin-Jaillieu, le sauvetage de Photowatt par EDF. Je me réjouis sans réserve de cette bonne nouvelle pour les salariés dont j’avais reçu une délégation à l’Hôtel de Région, en décembre dernier. Je garde toutefois à l’esprit que celle-ci est intervenue à la veille de son entrée en lice pour un nouveau quinquennat alors que j’avais interpellé le gouvernement il y a plusieurs mois déjà. Pour l’instant la prudence reste de mise.

L’arrivée d’un actionnaire de référence est une première étape pour cette entreprise présente sur un marché aux perspectives d’avenir très porteuses. Deux interrogations demeurent cependant. Pourquoi ne pas avoir agi plus tôt pour empêcher les premières vagues de licenciements et pour dissiper le désespoir qui gagnait parmi les salariés ? Il faut aussi consolider toute la filière de l’industrie photovoltaïque française afin que Photowatt vive. Celle-ci n’a que trop subi les hésitations d’un gouvernement qui n’a jamais hissé le photovoltaïque et les énergies nouvelles renouvelables au rang de ses priorités. Ceci est à l’image du président sortant qui « annonce un référendum chaque matin, et même un le matin et un le soir, alors qu'il n'en a fait aucun pendant cinq ans » pour reprendre les propos de François Hollande lui-même.
(c) Benjamin Geminel

Alors que l’hôte de l’Elysée repartait au lancement de sa campagne à Paris, j’ai rejoint François Hollande pour visiter l’Etablissement Public d’Aménagement de Saint-Etienne. Nous avons porté ensemble une autre idée du renouvellement urbain, avec la ferme conviction qu’une ville peut faire de son passé industriel un atout pour l’avenir de ses habitants. La journée s’est poursuivie par la rencontre des salariés et des responsables de l’antenne stéphanoise de l’ENVIE, une association soutenue par la Région Rhône-Alpes qui répare et reconditionne des appareils électroménagers usagés et qui recrute son personnel dans le cadre de parcours de qualification et de retour à l’emploi.

En l’espace de quelques heures, j’ai pu mesurer l’ampleur du fossé qui sépare ces deux hommes : leurs différences de tempérament et d’état d’esprit. François Hollande m’est apparu à l’écoute, déterminé et porteur d’une véritable ambition pour la jeunesse de notre pays. Ces valeurs rassemblent tous les Français alors qu’ils ont été tant divisés et stigmatisés depuis 5 ans. Il peut être le Président qui redonnera confiance aux Français dans une conjoncture économique et sociale préoccupante.

jeudi 19 janvier 2012

La reprise de Lejaby démontre l'impuissance du gouvernement

Le Tribunal de Commerce vient d’annoncer la reprise de la société Lejaby par M. Alain PROST (ex PDG des entreprises La Perla et Chantelle).

Le projet retenu par le Président du Tribunal de Commerce reste néanmoins dramatique pour les salariés avec 235 personnes désormais certaines de quitter l’entreprise.

Nous apprenons également la fermeture définitive du site d’Yssingeaux (Auvergne). Après Le Teil, Bellegarde et Bourg-en-Bresse, cette nouvelle vient renforcer le sentiment d’abandon exprimé par le personnel de l’entreprise.

Alors que le Président Sarkozy prône le « made in France » et déclarait encore ce matin qu’il combattrait les délocalisations avec force durant ses vœux aux industriels et chefs d’entreprise de Lyon, on sait désormais que la production sera essentiellement assurée en Tunisie par la société Ysalis.

Seule une petite unité de 30 personnes pourrait être conservée à Rillieux-la-Pape pour confectionner du haut de gamme. 
 
On assiste à la mort lente d’une entreprise alors que depuis plusieurs années j’ai alerté, avec le Conseil régional Rhône-Alpes, les pouvoirs publics et la direction de l’entreprise sur l’impasse dans laquelle s’enfonçait Lejaby. Avec Christiane Puthod, Vice-présidente déléguée à l’emploi au dialogue et à l’innovation sociale et aux contrats territoriaux emploi-formation, nous nous sommes rendus sur le site de Rillieux-La-Pape le 5 décembre dernier et nous avions pu constater une véritable détermination des salariés à faire vivre leur entreprise avec des savoir-faire adaptés au haut de gamme et à l’industrie du luxe.

Je regrette que les salariés n’aient pas été écoutés par la direction, notamment sur leur proposition de conquête de nouveaux marchés et d’un repositionnement de l’entreprise.

Le groupe Palmers n’a jamais cru, ni investi, dans cette entreprise. Il faut que le Gouvernement ne laisse pas à nouveau le désespoir s’installer parmi des employés qui attendent que la parole publique laisse place à des actes

« J’écouterai les propos du Président en gardant à l’esprit toutes les occasions manquées au cours de son quinquennat »


J’assisterai ce jeudi aux voeux que le Président de la République adressera depuis Eurexpo au monde économique.
 
Au moment où la France est si malmenée, je serai présent pour respecter les usages républicains et pour affirmer le rôle des Régions comme chefs de file de l’action économique sur leur territoire et à l’international. Depuis 2004, j’ai tenu à ce que notre Région soit aux côtés des acteurs économiques et qu’elle concoure à la mise en oeuvre des politiques nationales.
 
Je ne suis pas dupe d’un déplacement organisé et financé par le budget de l’Etat pour amorcer la campagne électorale du candidat Sarkozy.
 
J’écouterai les propos du Président en gardant à l’esprit toutes les occasions manquées au cours de son quinquennat. La France souffre, sa croissance est en berne, son industrie décline, son commerce extérieur connaît un déficit abyssal, le chômage s’aggrave et de nombreuses entreprises sont menacées, ici en Rhône-Alpes : LEJABY, VENINOV, PHOTOWATT, VERTARIS…
 
Je souhaite qu’au-delà des affirmations péremptoires, le Président accorde une attention particulière à des situations intolérables, la liste est malheureusement trop longue. Il faut tout entreprendre pour éviter la casse, les pertes d’emploi et les drames sociaux.
 
Première région industrielle de France, la Région Rhône-Alpes avait placé beaucoup d’espoirs dans les Etats Généraux de l’Industrie. Deux ans après, nous constatons que le redressement attendu n’est pas au rendez-vous.
 
Le sommet social d’aujourd’hui n’apporte pas les réponses à la crise profonde qui affecte notre pays. Il ne comporte pas de mesures concrètes pour sauvegarder les emplois et permettre la réindustrialisation. Il néglige les PME qui constituent pourtant la base de notre tissu économique et ne peut rétablir la confiance nécessaire avec les partenaires sociaux. Alors que les Régions, acteurs de premier rang de la formation professionnelle pour les chômeurs n’ont pas été invitées pour cette rencontre à l’Elysée, elles auront à coeur de mobiliser des ressources concrètes pour aller plus loin dans leurs interventions en faveur du retour à l’emploi.
 
Nous avons en Rhône-Alpes une autre ambition qui se construit dans un vrai dialogue social, c’est le « triple I » : Innovation, Industrie, International. Et c’est sur cette base que nous réunirons à nouveau notre Conférence Sociale le 13 février.

lundi 16 janvier 2012

Rhône-Alpes a pu emprunter à de bonnes conditions grâce à son triple A

La Région Rhône-Alpes a émis le 13 janvier 2012, le premier emprunt obligataire de son histoire pour un montant de 120 M€ sur une durée de 12 ans.

La décision de recourir à cette émission obligataire est intervenue juste avant la dégradation de la note française. Elle s’est déroulée dans des conditions financières très favorables sur le marché.

Le maintien pour la Région de la note triple A, le 6 décembre dernier, par l’agence Fitch Ratings qui confirme la bonne gestion budgétaire de Rhône-Alpes et l’absence d’emprunts toxiques dans ses comptes, nous a permis de nous financer au moindre coût.

Cette émission, dont le taux est de 4%, permettra de réduire de 5,5 M€ le montant total des sommes remboursées sur l’ensemble de la période par rapport à un emprunt traditionnel.

La dégradation de la note française va avoir des conséquences négatives sur l’ensemble des collectivités locales. Cet effet domino impactera notamment les communes et les départements qui vont être sanctionnés par un accès plus cher au crédit.

Le gouvernement cherche à faire porter la responsabilité de la dette publique aux collectivités alors que l’Etat doit obtenir 180 milliards d’euros sur les marchés en 2012.

On doit craindre que les capacités d’investissement en soient d’autant affectées alors que les collectivités locales portent 73 % des investissements publics et qu’elles sont faiblement endettées. Il y aura d’inévitables répercussions sur l’activité et l’emploi.

L’effort de réduction des déficits doit être recherché au niveau national. La dégradation infligée à la France vient sanctionner une gestion imprévoyante et désordonnée.

lundi 9 janvier 2012

"Nous devons chercher des chemins d’espoirs, des raisons de croire en l’avenir."

Voici le discours que j'ai prononcé lors de la cérémonie des voeux le vendredi 6 janvier dernier à l'Hôtel de Région.

Mesdames et messieurs,

Pour la première fois, je vous présente mes voeux dans notre Hôtel de Région, conçu par Christian de Portzamparc, au cœur du quartier emblématique et d'avenir de la Confluence.
Nous y sommes installés depuis six mois. Certains d'entre vous le découvrent ce soir. Je vous invite à  en saisir les ambiances et les volumes. Visible de loin, ce bâtiment que l’on compare à un grand vaisseau, a rendu la Région plus accessible et plus proche. C'est ce que j’ai souhaité.

Des citoyens y entrent, pour interroger sur un service comme ils le feraient dans une mairie. Des associations et des institutions les plus diverses nous sollicitent pour tenir leurs manifestations : c’est ainsi que nous avons accueilli les congrès nationaux d’Handicap International, des MJC, des radio associatives, comme la soirée du Barreau de LYON avec sa nouvelle promotion d’avocats.

Les rhônalpins  viennent aussi pour visiter les expositions du Plateau, comme celle-ci réalisée avec le collectif Space Junk dans le cadre de la biennale d’art contemporain. Ces Enfants terribles de l'art ont reçu plus de 25 000 visiteurs. Ce qui surprend dans leur travail, c'est leur capacité à unir des inspirations a priori contradictoires : insolence et académisme, imaginaire et réalité. Les univers dans lesquels ils nous emmènent sont autant de témoignages personnels pour dire leur liberté et leur espoir en des chemins nouveaux.

2012 s’ouvre sur une toile de fond très sombre. Plus que jamais, le mot crise est dans tous les propos. Il est vrai qu’il nous accompagne depuis des décennies. Et il doit s’écrire au pluriel tant il recouvre des réalités multiples. Le doute, le pessimisme des Français résonnent en écho aux menaces qui s’accumulent.
Chacun de nous, à son niveau de responsabilité, en mesure les effets. Chacun de nous, sait que nous traversons un moment grave pour notre pays et pour l’Europe.

Faut-il pour autant nous résigner ? Je ne le crois pas. Nous devons chercher des chemins d’espoirs, des raisons de croire en l’avenir.

mercredi 21 décembre 2011

Voeu du Conseil régional Rhône-Alpes relatif au séjour des étudiants étrangers diplômés

Voici le voeu relatif au séjour des étudiants étrangers diplômés que j'ai tenu à présenter à l'Assemblée régionale le 16 décembre dernier. Ce voeu a été adopté.

Exposé des motifs

La France est le 3ème pays au monde pour l’accueil des étudiants étrangers. Chaque année, plus de 280 000 étudiants étrangers viennent suivre leurs études en France, dont plus de 26 000 en région Rhône-Alpes. Ils représentent 12 % des étudiants et 40% des doctorants inscrits en France. Ils représentent une preuve de la qualité de nos établissements d’enseignement supérieur et de recherche ainsi que du rayonnement culturel, scientifique et économique de notre pays. Par une circulaire en date du 31 mai 2011 relative à la « Maîtrise de l’Immigration professionnelle », le Gouvernement a demandé à l’administration préfectorale de restreindre la possibilité offerte aux étudiants étrangers diplômés de travailler en France après leurs études. Depuis plusieurs mois, des centaines de diplômés étrangers, dont certains sont très qualifiés, se voient refuser le statut de salarié pour travailler en France et sont contraints de quitter notre territoire. Ce durcissement des règles applicables aux étrangers issus de l’enseignement supérieur français n’est pas conforme aux traditions universitaires d’accueil des étudiants étrangers en France. Cette politique conduit à un véritable rétrécissement des ambitions internationales de notre pays et entrave fortement l’attractivité développée par nos universités et de nos grandes écoles. Elle compromet considérablement l’avenir des étudiants étrangers préparant actuellement leurs diplômes dans nos établissements d’enseignement supérieur et de recherche. De nombreuses personnalités du monde universitaire, comme des élus politiques de toutes tendances, se sont élevées contre cette circulaire qui dessert les intérêts mêmes de notre pays et nuit gravement à son image sur le plan international.

Voeu

En conséquence, je vous propose :
- de demander au gouvernement le retrait de la circulaire du 31 mai 2011 relative à la Maîtrise de l’Immigration professionnelle, cosignée par M. Claude GUEANT, Ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer, des collectivités territoriales et de l’immigration et par M. Xavier BERTRAND, Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé.
- de réaffirmer le statut dérogatoire au droit commun des étudiants étrangers diplômés afin de leur permettre de compléter la formation acquise en France par une expérience professionnelle.
- de rappeler que les diplômés étrangers contribuent à l’attractivité, au développement et à la compétitivité de notre économie.